Ce n’est pas un sentiment de page blanche qui s’empare de moi à ce moment précis, mais plutôt celui de savoir : par quoi vais-je bien pouvoir commencer ?

Sans avoir la prétention de tout savoir ou de tout comprendre, juste ce besoin urgent d’évacuer, de partager, pour moins souffrir ou se donner en tout cas l’illusion que c’est réellement le cas.

Je sais que je fais les choses comme il faut : j’ai su trouver la force en moi pour surmonter les épreuves au fur et à mesure qu’elles s’intensifiaient, plus difficiles les unes que les autres.

J’ai su demander de l’aide quand j’en avais vraiment besoin. J’ai su trouver de l’affection quand j’étais sur le point de partir en vrille. J’ai su garder la tête haute dans tous les domaines malgré les difficultés qui m’assommaient.

La seule chose à laquelle j’échoue, parmi toutes ces victoires, c’est la gestion de mes angoisses. Il faut du temps, et le temps j’ai l’impression d’en manquer. Je n’ai plus la patience d’attendre : je souhaite que les choses se fassent vite, j’ai besoin de rattraper ce que je pense être du temps perdu.

Car oui, j’ai perdu 11 ans de ma vie, onze longues années durant lesquelles j’ai vécu dans l’illusion d’un autre. J’y ai laissé mon énergie, ma naïveté, et ma belle vision du monde. J’y ai laissé un bout de mon cœur, mais surtout, un énorme bout de mon esprit.

Dès que j’essaie de penser à l’avenir, mon cœur s’emballe. J’aimerai que les choses s’accélèrent, qu’elles se concrétisent le plus rapidement possible mais il ne vaudrait mieux pas. Voilà à peine 1 mois que mon cerveau est sorti de la lessiveuse qui le traumatisait. En 1 mois j’ai tant accompli : j’ai pris de la distance, j’ai tenu tête, j’ai retrouvé ma liberté et mon indépendance, j’ai commencé à songer à plein de belles choses, j’ai choisi d’être positive et de retrouver mon regard naïf sur le monde, j’ai tout géré de front, la tête haute. J’ai commencé à suivre une psychothérapie. J’ai lu des livres. J’ai compris qui j’étais et quelle est mon histoire.

Je suis une surefficiente mentale qui a été victime d’un manipulateur – pervers narcissique.

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